Chávez réélu: Ortega respire!

Daniel Ortega et le président du Venezuela, Hugo Chávez (Archives, 2007 – Photo Alfonso Ocando / Prensa Presidencial de Venezuela)

        La réélection de Chávez a été un véritable soulagement pour le président du Nicaragua Daniel Ortega. En cas de défaite du « grand frère protecteur », il aurait pu craindre une remise en cause indirecte de son pouvoir.

        Le Nicaragua, petit pays d’Amérique Centrale mais surtout membre de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques) depuis 2007 a suivi de prés les élections présidentielles au Venezuela dans lesquelles Hugo Chávez représentait bien plus qu’un président sortant, candidat à sa réélection.

Chávez et Ortega : une longue amiti

     Héros de la révolution sandiniste, on imagine aisément, les sympathies d’un Daniel Ortega, élu en 2006 à la tête du pays pour un Hugo Chávez, parangon de la nouvelle gauche en Amérique Latine et président d’un pays aux ressources pétrolières conséquentes.

     Tout les rapproche: « l’impérialisme yankee » comme ennemi commun, une idéologie de gauche, une volonté de rupture avec l’oligarchie nationale et les intérêts étrangers dans leurs pays.   Au-delà même des avantages économiques et des affinités idéologiques, il s’agit donc d’une relation intime, quasi fraternelle entre les deux hommes, qui s’est renforcée par l’entrée du Nicaragua dans l’ALBA, quelques mois après l’investiture du président nicaraguayen.

     Sa réélection en 2011 a bénéficié d’un soutien sans faille du président vénézuélien qui s’est matérialisé par des aides financières opaques. El Pais a publié des câbles diplomatiques révélés par Wikileaks : le quotidien espagnol dévoile un montant avoisinant les 50 millions de dollars prenant différentes formes comme par exemple le financement de trois hélicoptères pour faciliter les déplacements de Daniel Ortega durant la campagne. Le pays profite aussi largement des aides économiques vénézuéliennes mais aussi de celles octroyées dans le cadre de l’ALBA.

Ortega peut-il exister sans Chávez ?

        C’était au tour du « gran hermano » Chávez de passer devant les urnes. La campagne présidentielle fut âpre et la droite vénézuélienne a fortement questionné son assise politique. La possibilité d’une défaite a donné des sueurs froides au président nicaraguayen et la victoire fut vécue comme un soulagement. On aurait  même pu craindre un affaiblissement politique voire une remise en cause de l’autorité de Daniel Ortega dans son pays.

     En effet, celui-ci ne possède pas la même aura qu’un Evo Morales en Bolivie, un Rafael Correa en Equateur ou des frères Castro à Cuba et sa position politique interne est loin d’être confortable. De plus, le faible poids économique du pays ne permet pas de peser bien lourd en politique extérieure ce qui accroit sa dépendance aux grandes orientations politiques vénézuéliennes (c’est-à-dire celles de Chávez). Néanmoins, il est certain que Daniel Ortega doit beaucoup à son principal protecteur depuis 2006, voire tout.
La crainte de perdre un allié aussi puissant que le Venezuela socialiste et pétrolier d’Hugo Chávez est loin d’être infondée. L’exemple le plus pertinent vient du voisin hondurien. Manuel Zelaya, élu démocratiquement en 2005, fait entrer le pays dans l’ALBA en 2008. L’année suivante, il est victime d’un coup d’état deux heures avant le début d’une consultation populaire jugée illégale par la Cour suprême qui visait à rajouter une urne lors des élections de novembre, pour que la population s’exprime au sujet de la convocation d’une assemblée constituante. Celle-ci visait à réfléchir sur une éventuelle modification de la Constitution afin de lui permettre de briguer un deuxième mandat.
L’ALBA a dénoncé le coup d’Etat en excluant le pays de l’organisation. A ce jour, le Honduras ne la toujours pas réintégré, une victoire pour les forces de droite, hostiles à « Mel » (surnom de Manuel Zelaya) et à Chávez.

Tout va bien qui finit bien….vraiment… ?

        Chavez réélu, Daniel Ortega rassuré et toujours au pouvoir mais quid des autres « petits » alliées caribéens de Caracas si dépendants de son aura politique ainsi que de ses largesses financières? Cette élection a eu le mérite de poser la question de l’après-Chavez, thème encore trop tabou et pourtant si crucial.

 

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