Les enjeux du socialisme du XXIème siècle

Après les doutes sur l’état de santé du Président Chavez,  la question d’une continuité au chavisme se pose désormais. Si Peron était parvenu à instaurer une ligne directrice de laquelle ses successeurs se réclament encore aujourd’hui, Chavez, durant son nouveau mandat devra se poser la question de sa succession pour laisser la place à une nouvelle génération. Tour d’horizon des enjeux pour les prochaines années du chavisme.

 Un scrutin régional stratégique :

La victoire de Chavez est une victoire large (54,42%) mais qui annonce un revers flagrant au camp chaviste. Nombreux sont ceux qui avaient déjà remarqué un effritement de son électorat lors des précédents scrutins (référendum constitutionnel de 2007, élections régionales de 2008 remportées par l’opposition sur plusieurs villes importantes et enfin, augmentation du score de l’opposition au scrutin législatif). En passant de 62,84% en 2006 à près de 54%, cette érosion atteignant la personne même qui incarne le chavisme : Hugo Chavez lui-même. L’opposition a progressé et est parvenue à toucher des classes sociales jusqu’ici indéfectibles au chavisme, mais lassées des problèmes liés à l’insécurité. Or le temps presse car le scrutin régional a pour date le 16 décembre et la campagne commence le 2 novembre, peu de temps avant la troisième investiture de Chavez en janvier.

Chavez a d’ores et déjà annoncé qu’il cherchera une percée électorale définitive et partira à la conquête des états détenus par l’opposition. L’opposition à l’inverse va tenter de consolider voir d’augmenter son score établi lors des présidentielles. Elle affiche ses priorités : conserver le symbole -les cinq états déjà en sa possession, les autres étant difficilement prenables aux chavistes.

A l’inverse, Chavez souhaite concentrer ses forces à la conquête des deux états les plus puissants du pays aux mains de l’opposition : Miranda et Zulia. La seconde zone prioritaire sera celle des états dits rebelles : des gouverneurs qui ont gagné sous la bannière du PSUV (parti de Chavez) mais qui ont renié par la suite leur lien avec le chavisme.

L’opposition espère beaucoup des régionales mais ne se fait pas d’illusions. Ce scrutin a la réputation de motiver les troupes pro-chavistes et rarement celles de l’opposition. Il faudra compter sur la démobilisation liée à l’échec des présidentielles et d’une désillusion qui ressemble plus à du fatalisme.

Du côté pro-gouvernemental, le doute n’est désormais plus un secret. Après une percée remarquée de l’opposition qui n’affaiblit cependant toujours pas le pouvoir, certains gouverneurs-candidats souhaiteraient une implication de Chavez plus importante, et ce, afin de remotiver les partisans du PSUV.

 Quel dauphin pour Chavez ?

Récemment nommé vice-président du Venezuela, sa réputation de fidèle parmi les fidèles le place dans les possibles successeurs de Chavez

Chavez préparerait-il la succession ? Après avoir changé de vice-président, certains se rêvent à croire qu’ils ont enfin le nom du dauphin : Nicolas Maduro. Ancien chauffeur de bus, reconverti à la politique et proche depuis le début du clan Chavez, il fut président du Parlement avant de devenir le Ministre des Relations extérieures en 2006 jusqu’à sa dernière nomination comme vice-président. Le thème de la vice-présidence est certainement l’un des enjeux centraux depuis l’annonce du cancer de Chavez. S’il semble que le Président aille mieux, rien n’écarte une éventuelle rechute. En cas d’absence absolue du pouvoir avant la 4ème année de son mandat, le vice-président se verra contraint, selon la constitution de 1999, d’organiser des élections sous 30 jours. Le pouvoir chaviste veut éviter à tout prix ce scénario où 30 jours seraient un délai trop court pour planifier une campagne et pire, trouver un véritable héritier politique au moins aussi charismatique que le précédent. En revanche, si le Président ne peut assurer ses fonctions après la quatrième année de son mandat, le vice-président assurera la présidence jusqu’à la fin de l’échéance (donc de 2017 à 2019).

Aujourd’hui, Nicolas Maduro ne figure pas comme favori à la succession. Peu charismatique, sa condition de civil et son inexpérience dans le domaine militaire (qui est pourtant l’un des piliers du PSUV et de la construction de la pensée chaviste) serait un véritable handicap pour l’homme qui apparaît comme étant le probable dauphin. Par ailleurs, avec une dizaine de vice-présidents nommés en 14 années de pouvoir, Chavez a tout fait pour ne pas s’encombrer d’un concurrent. Rien n’exclue que Nicolas Maduro ne soit une pièce de plus sur l’échiquier politique del Comandante.

Qui est capable au PSUV d’endosser tour à tour les élections régionales ce 16 décembre,  les législatives en avril prochain, les municipales en 2015 et enfin un possible référendum révocatoire en 2016 si l’opposition parvient à le convoquer comme elle le fit par le passé. Ce ne sera certainement pas ce nouveau vice-président à la réputation peu sûr de lui et de timide . En six ans, les vénézuéliens auront la possibilité d’aller aux urnes pratiquement tous les ans, testant la résistance du régime chaviste.

Lafarge Florian

http://www.latinreporters.com/venezuelapol04102012gz.html

http://america-latina.blog.lemonde.fr/2012/10/08/au-venezuela-hugo-chavez-est-reelu-mais-pourra-t-il-aller-jusquau-bout-de-son-mandat/

http://www.latinreporters.com/venezuelapol11102012hc.html

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Venezuela-chavez-et-apres-/p-20533-Venezuela-Maduro-a-l-ombre-d-Hugo.htm

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