Cuba : une nouvelle ouverture au monde par la musique électronique

eyeife-festival-cuba-coocuyo-1-1068x580

© Eyeife photographe

Le festival EYEIFE, qui a eu lieu du 26 au 30 septembre 2017 à la Havane, a uni la musique électronique et la culture afro-cubaine. C’est une nouvelle étape historique pour Cuba, qui ouvre petit à petit l’île au reste du monde de manière officielle.

Le nom EYEIFE vient du Yoruba, la religion afro-cubaine, qui signifie l’équilibre entre les énergies positives et négatives. La morale des Yoruba est « Lo que se sabe no se pregunta », « ce qui se sait ne se demande pas», reprise en slogan pour le festival.

EYEIFE représente la positivité, l’énergie d’une nouvelle génération qui s’ouvre au monde par la culture autour d’une des plus grands festivals des Caraïbes. C’est l’union d’artistes cubain.e.s et internationaux passionné.e.s de musique électronique. Pour Mauricio Abad, directeur artistique du projet, « EYEIFE, c’est un mode de vie ». C’est l’objectif de deux amis cubains qui veulent développer la culture artistique de leur pays, entre musique, danse et peinture, mélangeant nouveauté et traditions : un « électro métissé ».

Le festival s’est organisé en deux temps : une partie d’ateliers, de « talleres » sur les différents arts et dans une deuxième partie plus festive des rassemblements, concerts et performances. Le projet s’est ainsi déroulé avec les grandes institutions havanaises, d’abord avec l’Université des Beaux-Arts (le ISA) et la maison des Amériques, puis la discothèque Ipanema (hôtel Copacabana) et la Fabrique d’Art Cubain (la FAC). Les artistes cubains, précurseurs de la musique électronique comme Djoy de Cuba, Kike Wolf, Ivan Lejardi et Wichy De Vedado, étaient tous au rendez-vous.

Selon Mauricio Abad, l’objectif du projet était de faire connaitre aux nouvelles générations les racines afro-cubaines de la culture de d’île à travers les différents arts. Pour le Laboratoire National de Musique Electro-acoustique, le festival a développé des rythmes populaires cubains. Toutefois, pour Ivan Lejardi, artiste reconnu à Cuba, le festival a également aidé à la démocratisation de la musique électronique, encore méconnue du grand public.

Une nouvelle opportunité pour les artistes de l’île : #EYEIFUSION2017

Le but du festival était de permettre la production de #EYEIFUSION2017, un disque unique avec un prix symbolique pour faire connaître les compositeur.e.s de musique cubain.e.s : pari réussi, disque en cours. En effet, le salaire des artistes de l’île reste très bas, la majorité ne pouvant pas se dédier entièrement à leur passion pour vivre raconte Desiderio, fondateur du mouvement Coocuyo, collectif dédié à la musique électronique à la Havane.

Pour l’artiste Wichy De Vedado, pilier de la musique électronique à Cuba, l’important est de conserver les traditions de l’île tout en s’ouvrant au monde, notamment pour attirer les investisseurs étrangers et mettre l’île sous les projecteurs. L’art est un moyen de s’évader de cet isolement en trouvant de nouvelles opportunités.

EYEIFE-FESTIVAL-CUBA-COOCUYO-2

Festival Eyeife © Coocuyo photographe

Le festival EYEIFE, une union entre nouveauté et tradition afro-cubaine

Le festival EYEIFE s’est déroulé du 26 au 30 septembre dernier, avec, selon la programmation, plus de 60 artistes et plus dix pays représentés. Sponsorisé par PM Records, le Laboratoire National de Musique Electro-acoustique et l’Institut Cubain de la Musique, il a su prouvé l’importance de la culture de par son incroyable succès.

> > Programme festival

L’importance de la culture à Cuba

Pour revaloriser ses politiques publiques, Cuba essaye aujourd’hui de placer l’humain au centre, notamment par le biais de l’éducation ou encore de la culture. Selon César, responsable de l’Institut d’Edition, cette dernière a vu son budget augmenter ces dernières années par le biais de subventions accordées à de jeunes projets novateurs et appuyés par différentes ambassades présentes sur le territoire, comme par exemple la musique électronique, phénomène encore méconnu du grand public havanais. Celle-ci nait en Europe au XXème siècle et se développe par la suite aux Etats-Unis. La symbolique de cette musique désigne alors un « soft power » puissant, notamment à Cuba, grande de par son histoire construite en opposition au monde occidentale.

> > Naissance de la musique électronique

Manana Festival a été la première expérience d’un festival de musique électronique à Cuba, en 2015 à Santiago de Cuba. A cette époque, les Etats-Unis et Cuba prévoyaient l’ouverture de leurs ambassades respectives, où l’île s’ouvrait de plus en plus au niveau diplomatique et économique. Aujourd’hui, les différents partenaires financiers donnent une nouvelle carte au style de musique bien particulier, les artistes cubain.e.s voyant la possibilité de s’exporter un jour à l’international.

19959154_1359115810804569_1255614213468710932_n

Soirée inauguration à la discothèque Ipanema, Hôtel Copacabana © Eyeife photographe

Pari réussi pour les organisateurs du EYEIFE, le public cubain attend déjà la deuxième édition : à l’année prochaine.

Alexandra Beaume Gonzales

WICHY DE VEDADO & YASEK MANZANO (AFROCUBAN DEEP STORY) 2017

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s