¡ PURA VIDA !

 

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Le premier ambassadeur de la Pura Vida, le paresseux

Un tout petit pays d’Amérique Latine au bonheur, lui, très grand : voilà comment l’on pourrait décrire d’une manière certes succincte mais néanmoins très juste le Costa Rica.  Une petite langue de terre, au cœur de l’Amérique centrale, entre Océan pacifique et mer des Caraïbes, qui serait le fief d’une joie de vivre partagée par tous. Les habitants y seraient même les plus heureux du monde ! C’est la « pura vida », plus qu’un mode de vie, plus qu’un état, presque une religion, qui est au Costa Rica ce que le football pourrait être au Brésil, ou le manque de ponctualité en Argentine. Comment dès lors qualifier et expliquer cette notion englobante et polysémique qui est répétée à l’envi par les « ticos » et « ticas », costariciens de leur état ?  

Jamais n’a été établie une « recette du bonheur » étendue à l’ensemble d’un pays. Sauf bien sûr dans quelques sujets faisant montre d’une acuité journalistique tout à fait discutable lancés sur les journaux télévisés consacrant les pays nordiques, notamment le Danemark, comme « les pays les plus heureux du monde ». Mais en voyant que ce même Danemark avait le taux de suicide le plus élevé du monde, difficile de ne pas se questionner sur ce « bonheur » là, à moins que sa définition n’ait subitement changé, temps de réformes grammaticales discutées obligent.

Pourtant, cette recette semble exister. Il faut pour cela s’éloigner des idées toutes faites et vivre une véritable expérience : voyager au Costa Rica. C’est là que la Pura Vida s’expérimente, de manière quasi empirique. Impossible d’y échapper. Factuellement tout d’abord, puisque la vie y est très agréable pour plusieurs raisons et que les locaux n’oublient pas, à raison, de le souligner, mais aussi intellectuellement : inutile de lutter contre ces sensations, le bien-être émane naturellement du mode de vie costaricien, et il semble être plus fort que tout.

Elle est tombée dedans quand elle était petite : la chanteuse nationale Adreina Arce nous chante la Pura Vida    

Le bonheur comme expression de langage

Les premiers contacts avec les costariciens, plus couramment dénommés ticos et ticas, plongent le visiteur directement dans la « Pura Vida ». Lorsque l’on demande à un tico s’il va bien ou si sa journée s’est bien passée, cela se transforme en question rhétorique : « Pura Vida ! » est la seule réponse possible, accompagnée d’un grand sourire, comme une évidence.

Mais Pura Vida s’utilise aussi pour saluer et souhaiter bonne chance à son interlocuteur, preuve de la polysémie de l’expression.

Mais concrètement, que cela signifie-t-il ? « Être très bien » pour les ticos, ou encore « tout se passe bien », « se sentir bien ». C’est « un sentiment intérieur qui se reflète à l’extérieur ». Une sorte de Bifidus Actif Latino en fait, la traite de pauvres vaches pour du yaourt en moins.

Plus sérieusement, il convient alors de se demander comment s’exprime le sentiment de tristesse dans le pays avec l’indice HPI (Happy Planet Index) le plus élevé du monde. En réalité, la tristesse ne s’exprime pas, ou bien très peu. Un tico triste répondra quasiment toujours « Pura Vida ! ». Il apparaît alors que ce concept est avant tout un trait d’optimisme, un encouragement à prendre la vie du bon côté. Loin des circonvolutions autocentrées, pessimistes, contestataires mais néanmoins romantiques de nous-autres français. Il est donc naturel d’adopter cette expression dans la vie quotidienne, que l’on soit ou non un simple touriste…

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… ou de se l’encrer à même la peau.

La« Pura-Vida », monopole costaricien.

Il est aisé de comprendre pourquoi c’est au Costa Rica et nulle part ailleurs que l’on vit et respire “Pura Vida”. Cela est frappant dans l’extrême sud-est de la côte caribéenne, au sein du petit village de Puerto Viejo de Talamanca. La biodiversité, la flore resplendissante, la faune omniprésente, sont autant de traits de caractère d’une nature harmonieuse, noble, respectable et respectée. Il faut rappeler que le Costa Rica possède 6% de la biodiversité mondiale. Un environnement exceptionnel dont l’importance résonne à travers les mots des ticos : « Nous avons un pays magnifique et un environnement agréable qui nous aident à nous sentir bien ». Difficile dès lors d’imaginer une pura vida sous d’autres latitudes, en Alaska ou dans la Cordillère des Andes par exemple, parole de tica !

Coup de foudre à Puerto Viejo de Talamanca

Le village Puerto Viejo de Talamanca ne s’étend que sur quelques centaines de mètres, entre la mer des caraïbes et une jungle épaisse. On s’y déplace principalement à vélo, on pédale de plage en plage, en prenant le temps d’observer la faune, acteur à part entière de la vie locale. C’est justement cette image de “bien être” et de “bonheur” au travers de la biodiversité, véhiculée il est vrai de manière quasi-propagandiste par le pays, qui attire les touristes d’Europe et d’Amérique du Nord. Mais comment le reprocher au Costa Rica, tant le portrait brossé est tout sauf un vernis trompeur, et s’attache seulement à relayer et souligner une véritable et incontestable richesse. Une honnêteté clamée et authentique, tout compte fait…

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Loin de l’Alaska ou des montagnes andines, la pureté des plages costariciennes.

Mais laissons parler les exemples. Entre la “Pura Vida” et ceux qui la découvrent pour la première fois, c’est l’amour fou sous les tropiques. Depuis quelques années, un nombre conséquent de personnes d’origine européenne, originellement venues au Costa Rica pour le tourisme, se sont définitivement installées dans le pays. Et ce fameux petit village de Puerto Viejo de Talamanca est même un point d’ancrage particulier. Ces néo-ticos et ticas ouvrent des hôtels, des chambres d’hôtes, des auberges, des boulangeries, des pizzerias… captés par la “Pura Vida” et incapables de s’en défaire. Une certaine idée costaricienne du coup de foudre, sous la torpeur d’une jungle luxuriante. Un charme irrésistible…

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Comment ne pas craquer … ? Ce petit margay va lui aussi découvrir la Pura Vida.

Finalement, la Pura Vida pourrait se résumer en une formule magique, à même de donner une définition concrète de ce que peut être un concept philosophique derrière lequel l’Homme serait censé courir depuis tout temps : le bonheur. Est-ce vraiment aussi simple qu’un billet d’avion sans retour pour le Costa Rica ? Cela vaut la peine de tenter l’expérience, puisque de peine il ne sera plus jamais question…

Vous sur le prochain vol Paris-San José

 

Méliné KEULEYAN et Léna ALBINET

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