Les nouvelles terres d’accueil des vénézuéliens

Depuis 2016, 2 millions de vénézuéliens ont quitté leur pays à cause la crise politique et économique que connaît le pays, créant un mouvement migratoire inédit, interne à l’Amérique Latine. Nous avons recueilli des témoignages qui racontent le quotidien des migrants de Lima et de Buenos Aires, leurs espérances, leurs doutes, leurs peurs et leurs nouvelles vies, loin de chez eux.

Par: BOUCHET Valentin et GALES Hugo

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Des Vénézuéliens qui vivent au Pérou manifestent devant l’ambassade du Venezuela, à Lima, jeudi 1er septembre 2016. ©MARIANA BAZO / REUTERS

L’emploi : motif principal de départ

L’Argentine et le Pérou, sont deux pays très attractifs pour les vénézuéliens en quête d’une nouvelle vie. Malgré quelques spécificités, les vénézuéliens en exode choisissent leur pays d’accueil principalement pour la stabilité politique et les possibilités d’emploi. Dans le témoignage de nos deux vénézuéliennes, Veronica et Natalia*, vivant respectivement à Lima (Pérou) et à Buenos Aires (Argentine); leur choix de pays d’accueil n’a pas été chose facile.

(Veronica): « Je suis arrivée à Lima le 25 décembre 2017, avec un titre de réfugiée politique valable pour une année, et renouvelable. J’ai choisi de venir au Pérou pour la stabilité économique et pour la facilité d’obtenir un emploi. En effet, sous la présidence de Pedro Pablo Kuczynski les Vénézuéliens pouvaient facilement obtenir le statut de réfugié et une autorisation de travail. Depuis quelques mois cela a changé. »

(Natalia): « Dans quelques jours, cela fera une année que je suis installée à Buenos Aires. Les débuts n’ont pas été faciles, mais maintenant que mon frère et mes parents sont ici avec moi, je me sens mieux. Mon frère et mes parents m’ont rejoint ici principalement à cause de l’augmentation des violences de ces derniers mois ».

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 Rue de Caracas, des peintures revendiquent l’appartenance du Venezuela au MERCOSUR.  ©REUTERS/Ueslei Marcelin

Toutefois, ces vénézuéliens en quête d’espoir sont souvent victimes de brimades dans leur pays d’accueil. En effet, nombre de vénézuéliens ont été victimes de racisme voire de violences à leur arrivée.

(Veronica ): « La majorité des Péruviens que j’ai pu rencontrer à mon arrivée au Pérou m’avaient bien reçu. Je ne me suis jamais sentie attaquée ou victime, même si, pour rechercher un emploi ou même travailler on peut se sentir marginalisée. Aussi, certaines personnes peuvent se permettre des réflexions, pas forcement agréables sur la situation de mon pays. Cela peut se comprendre par les différences culturelles entre nos deux pays. »

(Natalia): « J’ai vécu dans un appartement pendant 6 mois, et mes voisines étaient deux femmes âgées, et l’une d’elle nous a causé nombre de problèmes quand elle a su que nous étions étrangers. Elle tapait dans les murs de notre apparemment tout en nous invectivant quotidiennement de toutes les manières possibles. Aujourd’hui en 2018, nous sommes toujours plus nombreux à Buenos Aires, et je sens toujours cette tension envers notre peuple, surtout quand il faut rechercher un travail. »

Un soutien communautaire et un mal du pays

Les vénézuéliens en exode au Pérou peuvent compter sur la forte solidarité de leur communauté. En effet, la plupart continuent de côtoyer leurs compatriotes dans leur pays d’accueil. Aussi la famille joue un rôle prépondérant de soutien et d’intégration dans la communauté d’accueil. Ainsi, les vénézuéliens en exode sont fiers de leurs racines et le revendiquent publiquement. Malgré cela, le désir de retour au pays reste fort, même si ce n’est pas évident voire impossible dans un futur proche.

(Natalia): « Je me sentirai toujours vénézuélienne. Je n’ai pas perdu mon accent ni ma manière de parler, même si j’ai du apprendre les mots et expressions argentines afin de pouvoir au mieux m’intégrer dans mon nouveau pays. Je reste souvent avec des amis vénézuéliens, ici à Buenos Aires même si je commence à me faire des amis argentins. Peu importe où je suis et où je serai, je serai toujours fière de ma nationalité, des valeurs vénézuéliennes et de notre attitude positive et optimiste face à nos difficultés. »

(Veronica ): « Totalement, je suis vénézuélienne, et j’en suis fière. Je n’oublierai jamais ma culture et mes traditions, toutefois ma famille, la nourriture, mes amis et mes habitudes me manquent. En revanche, il n’a pas été simple de m’adapter mais j’ai pu compter sur le soutien de ma famille. Pour le moment je n’ai pas pu revenir au Vénézuéla, à cause de la situation économique et politique que traverse mon pays, j’espère toutefois que nous connaîtrons des lendemains qui chantent. »

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Une manifestation anti-Maduro, à Caracas, le 26 octobre 2016.
REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

L’avenir reste flou pour le Venezuela, le pouvoir d’achat chute continuellement et l’inflation ne cesse d’augmenter, ce qui provoque une perte de poids moyenne de la population de 11 kilogrammes en 2017.

 

*Les noms ont été modifiés à la demande des sources.

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