Expériences atypiques en l’Amérique Latine 2 : Sorcellerie à la cubaine

Eaux turquoises, paysages enchanteurs et surprises pour le moins insolites, l’Amérique latine est un terrain de jeu qui vous donnera sans doute envie de planifier vos congés de 2021. Destination à la mode depuis une lueur d’espoir sous Raul, Cuba, l’île de Fidel Castro ouvre grand ses portes aux touristes et à leurs charmants portefeuilles qui se laissent tenter par “l’authenticité” de trois villes phares : La Havane, Viñales et Trinidad.

Amandine André

  • La cloche et les cartes

Dans les quartiers de la vieille Havane, on se presse, on se bouscule, les rues sont bondées. Vrai parc d’attraction à ciel ouvert, on est tour à tour amusé, émerveillé et intrigué par cette ville décor de cinéma où les acteurs vous entraînent dans le tumulte, parfois pour un verre, parfois pour une bonne aventure. Au détour de la plaza mayor, on ne peut pas la rater, elle est de toutes les cartes postales. Cette femme noire, toute de blanc vêtue, rit aux éclats en voyant les hollandais rougis par le soleil de Varadero qui la prennent en photo.

Elle est « typique », typiquement ce qu’on cherche à Cuba, le cliché parfait. Mais attention, rien n’est donné, tout est négocié. Pour 1 CUC vous aurez droit à la pose avec Cigare, et si vous avez de quoi allonger la note, elle sera disposée à vous lire votre avenir. Vous pourrez alors immortaliser un instant suspendu. Un touriste s’assoit sur le tabouret en bois qu’elle a devant elle, et la regarde mélanger ses cartes de tarot. Il faudra bien un traducteur pour être sûr que la réponse corresponde bien à la question. Elle tire les cartes, souffle un peu de tabac au visage du jeune homme et se met à chanter. Elle s’arrête, fait tinter sa cloche, regarde sa poupée et reprend. De la réussite, de la joie, un heureux évènement, quel qu’il soit, la bonne nouvelle ne se lit pas dans un évangile mais dans les lignes de la main. Les étrangers sceptiques ou non sont enchantés. Qui ne rêve pas de connaître l’inconnu ?

  • Héritage africain

Le parc national de Pinar del Rio, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, est un incontournable, vous pouvez faire confiance à votre guide du routard. Là, comme dans le reste de l’île, les hostals se disputent les groupes d’étrangers venus goûter le meilleur café du pays en mettant en avant les activités qu’ils proposent. Un circuit bien délimité avec au programme : découverte des champs de canne à sucre, fabrication artisanale de cigare, balade à pieds ou à cheval et émerveillement devant le « mur de la préhistoire ».

Cependant, n’en déplaise aux travailleurs du Parti, les plus beaux souvenirs de vacances sont souvent ceux qu’on n’avait pas prévu d’emporter dans la valise. Se perdre dans la plaine de Viñales avec des locaux rencontrés près d’un verre de rhum vous apportera bien des surprises. Vous risquerez de tomber par exemple sur… un arbre ! Immense. Avec dans le creux de son tronc, bien à l’abri des indiscrets, un autel. Les rumeurs de la campagne murmurent que ses ossements, ses statuts de bouda blanc et de Saint Jean Baptiste post-Salomé sont des représentants d’âmes, ou encore des Dieux oubliés en Afrique dont on a essayé d’attirer l’attention à Cuba. Sans plus d’explications, des locaux vous prieront de ne pas y toucher, d’autres de ne pas regarder, les superstitions, la Santeria, donnent leur lot de mystique aux lieux les plus banals.

  • Poupées souvenir !

Maisons coloniales, couché de soleil sur les hauteurs, plages de sable blanc et cascades toutes proches, voilà de quoi tomber amoureux. A Trinidad, le marché artisanal est coloré, parfumé, enjoué. Les musiciens attirent les apprentis danseurs et les shoppers professionnels. On a le choix entre casquette de Fidel ou béret du Che. Et entre deux icônes de la révolution, les robes arc-en-ciels des poupées de tissu nous font de l’œil. Elles sont réversibles : poupée noire d’un côté et jumelle blanche de l’autre. Elles font le souvenir parfait. Pourtant, quand vient le soir, leurs bouches s’animent. Si vous avez cette occasion rare de nouer des liens avec les cubains, vous pourrez peut-être assister à un rituel bien particulier. En dépit de l’interdiction officieuse d’accueillir des étrangers chez eux, Maria Rosa et son mari Kennedy vous inviteront sûrement à partager une ropa vieja dans leur petite maison.

Lors de notre rencontre, cette charmante mère de famille au rire communicatif m’avait expliqué qu’elle était considérée ici comme une «bruja», qu’elle a des dons de voyance et de guérison. Elle m’avait alors entraînée dans une chambre fermée à clé où des dizaines de poupées étaient assises et nous guettaient tranquillement. A l’aide de la fumée de son cigare, de quelques herbes sèches et des colliers de perles, elle avait demandé aux esprits incarnés dans les poupées de me purifier et me protéger. Elle était entrée en transe et avait parlé une langue qui m’était inconnue. A la fin du rituel, elle m’avait expliqué que chaque poupée a un nom et une spécificité. A Cuba, ces croyances sont très difficiles à observer pour le simple touriste censé rencontrer certains locaux agrégés au cours de son voyage. Cependant, à la faveur des moments partagés, des discussions animées, les liens humains rattraperont peut-être la froideur des règles édictées.

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